Fresh Gambero Rosso di Mazara red prawns at Ballarò Market in Palermo

Gambero Rosso

Je n’ai découvert cette crevette que lorsque j’ai commencé à vraiment vivre à Palerme. Après l’avoir goûtée pour la première fois dans un restaurant, j’ai décidé de préparer des crevettes rouges pour le réveillon du Nouvel An. Quel choc quand j’ai compris qu’elles se mangeaient crues. Imagine : le soir du Nouvel An, je suis seule devant une assiette de crevettes crues et je me dis : « Si je m’intoxique, qui appellera les secours ? »

Mais après cette première dégustation, je suis tombée amoureuse de cette merveille de la mer. Plus tard, j’ai appris que des gens viennent de toute l’Italie jusqu’ici spécialement pour cette crevette. Que faut-il savoir ? L’icône de la cuisine sicilienne, c’est le Gambero Rosso di Mazara. Ce nom vient de Mazara del Vallo, la ville d’où partait autrefois la plus grande flotte de pêche d’Italie.

Le gambero rosso est pêché entre 500 et 700 mètres de profondeur, là où l’eau est très froide et très sombre. Il est déjà rouge à l’état cru, alors que les crevettes ordinaires ne prennent cette couleur qu’après la cuisson. Sur les marchés, on te proposera de petites assiettes de trois crevettes à partir de 5 euros. Au restaurant, c’est encore plus cher. Moi, j’achète les crevettes le matin à Ballarò pour 30 à 35 euros le kilo. Désolée, impossible de convertir ça en nombre de crevettes, mais c’est clairement plus avantageux.

Comment la manger ? Les vendeurs du marché sont très simples : ils mangent même les petits poulpes crus directement sur leur étal. Et il leur arrive de me tendre une crevette à goûter, sans la moindre hésitation. Moi, je préfère quand même être un peu prudente. On enlève la carapace et on retire l’intestin de la crevette. Si c’est la première fois, regarde une vidéo sur YouTube. C’est très simple : il suffit de passer l’ongle au milieu du dos et de retirer le petit filament noir. C’est l’intestin. Ensuite, on dépose la crevette dans une assiette et on l’arrose de jus de citron et d’huile d’olive. D’ailleurs, tu peux aussi choisir une huile d’olive de la région de Mazara del Vallo : elle est excellente. Et c’est tout.

Au marché, il peut y avoir plein de nuances. Un jour, par exemple, on a failli me vendre des crevettes à 60 euros le kilo. Mais il s’agissait d’une crevette encore plus rare : la crevette violette. Elle vit encore plus profondément et coûte plus cher. Moi, la rouge me suffit largement. Autre détail : elle ne vient pas forcément de Mazara. Elle peut aussi être pêchée dans la mer Tyrrhénienne, près de Palerme. Bien sûr, les habitants affirment que la véritable crevette rouge est celle de Mazara et que son goût est plus intense que celui des crevettes de la mer Tyrrhénienne. Personnellement, cela me va très bien. J’achète simplement ce que mes pêcheurs préférés ont ce jour-là, et pour un déjeuner léger accompagné d’un verre de vin, n’importe quelle crevette rouge fait mon bonheur.